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lundi 2 février 2015

Colombie : Santa Marta, le parc Tayrona et Cartagena


Reprenons un peu le récit de ces vacances colombiennes. Je vous ai déja parlé ICI de la magnifique région désertique de La Guajira mais cette fois, on va changer complètement de décor. Depuis Riohacha, nous avons attrapé un mini-bus pour nous rendre vers le sud, dans la région de la Magdalena. Très rapidement, le paysage aride du nord laisse place à un décor beaucoup plus tropical. Les routes sont bordées de bananiers et les montagnes verdoyantes et humides nous entourent rapidement. Le contraste est vraiment saisissant en à peine quelques kilomètres ! Nous arrivons à Santa Marta pour le début de soirée, après 4 heures de route. Nous avons un chouette hostel dans le coeur historique et il y a pas mal d'ambiance sur les terrasses des cafés et des restaurants notamment sur la place Parque de los Novios. Ca nous change de notre vie d'ermite des derniers jours ! Nous explorerons un peu la ville le matin avant de reprendre la route.  


Le programme des 2 jours suivants était de se rendre dans le parc naturel de Tayrona. L'entrée se situe à 30 km au nord de Santa Marta. Aucun véhicule ne peut circuler dans le parc et c'est donc à pied qu'il faut traverser la jungle pour atteindre les plages et les lieux d'hébergement. Je dois bien avouer que l'idée de me trimballer mon sac de rando pendant plus 2 heures par 33 degrés ne m'enchantait guère, même si c'etait pour trouver une plage paradisiaque au bout du chemin. Mais c'etait sans compter sur la grande organisation des Colombiens. A l'entrée du parc, nous avons chargé nos sacs sur des mules. Nous avons pu faire notre rando en mode light et nos sacs nous attendaient gentiment au camping à notre arrivée ! Le parc est super bien aménagé et balisé et la balade est vraiment magnifique. Nous avons croisé un bon nombre de plages superbes et sauvages mais la baignade y était interdite car trop dangereuse.


Notre but était d'arriver au plus vite au bout du parc, à Cabo San Juan pour trouver notre camping et profiter d'une dernière baignade avant la nuit. Le plan a bien fini se terminer en catastrophe : à notre arrivée tardive, peu avant la nuit, le camping affichait complet... Nous voila sans hébergement, avec nos sacs de 15 kg à 1 heure de marche du prochain camping... C'était sans compter sur la détermination et la persuasion de ma copine Lina. Voyager avec une locale a toujours du bon : 2 tentes, montées exprès pour nous, ont surgi de nulle part en 1/4h. Je suis ravie d'avoir évité la nuit en hamac car les moustiques sont voraces dans le coin. Le répulsif n'est pas une option et le vaccin contre la grippe jaune est fortement recommandé ! 
Ouf, on peut enfin profiter de cette baignade bien meritée. Le camping propose un confort rudimentaire mais l'essentiel y est : des douches, de l'électricité et un bar bien achalandé en bières locales. On passera même une bonne soirée avec des connaissances new-yorkaises retrouvées là par le plus grand des hasards : le monde est vraiment petit ! 

Le reveil dans ce cadre idyllique est vraiment incroyable et une grande journée de farniente à la plage nous attend : le bonheur.


En fin d'après-midi, pour quitter le parc, nous avons opté par la voie maritime plutôt que terrestre. Des barques nous attendent pour nous ramener au petit village touristique de Taganga. Je dois avouer que cette expérience ne m'a pas laissé un très bon souvenir... La vue sur la côte est superbe si on arrive à faire abstraction du fait que l'on se trouve sur une mini-barque tape-cul, sur une mer bien agitée avec les sacs de voyages même pas accrochés au milieu de l'embarcation… Je n'ai jamais été aussi contente de retrouver la terre ferme. Le petit village de Taganga est lui vraiment charmant. Il est assez touristique et il est facile d'y trouver des bars et restos sympas. Nous finirons même la soirée dans un bar/club rooftop avec vue sur la baie !


Le lendemain, nous reprenons la route pour la dernière étape du voyage : Cartagena de Indias. J'avais hâte de découvrir cette belle cité fortifiée, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et qui a été pendant des siècles un bastion espagnol en Amérique du Sud. Notre charmant hostel se trouve au coeur du centre historique qui se découvre très facilement à pied. Perdez-vous dans les petits rues, ça n'est pas très grand. On est arrivé un samedi soir et il y avait de l'ambiance. Les bars installés sur les murs de fortifications sont des spots parfaits pour un verre au coucher du soleil. Cartagena est quand même un lieu hautement touristique. Les petits rues sont superbes mais toutes les boutiques américaines et européennes chics que l'on y trouve dénaturent un peu l'endroit. C'est dommage car on a un peu l'impression d'être dans un sanctuaire réservé touristes.


Heureusement le lendemain, nos pas nous guideront un peu par hasard en dehors des remparts, d'abord pour visiter la forteresse puis pour explorer Getsemani. Le style colonial des maisons colorées est toujours présent mais cette fois on croise des locaux assis devant leurs portes. Ce quartier est également un haut lieu de street art, on y trouve de chouettes bars et cafés alternatifs et la vie nocturne est apparemment bien agitée. 


C'est donc ici que s'achève cette semaine trop courte en Colombie. Le pays fait 2 fois la taille de la France donc j'ai bien conscience d'en avoir vu une infime partie. Ne vous laissez pas impressionner par la mauvaise réputation du pays. Les colombiens sont très accueillants et fiers de leur beau pays qu'ils seront ravis de vous faire découvrir. Avec un minimum de préparations, de prudence et de bon sens, vous ne pourrez que revenir complètement charmé.

Et si vous avez manqué mes précédents articles colombiens, c'est par là : 

Informations pratiques


Pour l'hébergement, nous avons misé sur des chambres individuelles dans des hostels et nous n'avons pas été déçues.


Vous trouverez toutes les infos utiles sur le parc Tayrona en consultant leur site : Parque Nacional Natural Tayrona. Je recommande fortement de réserver à l'avance vos nuitées au camping Cabo San Juan Del Guia surtout si vous voulez dormir dans le mirador surplombant la plage.


Retrouvez moi aussi sur facebook et sur instagram @curieuseny


jeudi 11 décembre 2014

La Guajira, un trésor à l'extrémité nord de la Colombie



Après à peine 24h à Bogotá (à lire ICI), nous avons pris un vol pour Riohacha pour aller explorer la région désertique de la Guajira, mon gros coup de cœur de ce séjour. Je vous préviens cet article va être long et riche en photos !

Nous n'avons passé qu'une soirée à Riohacha, juste le temps de boire une Aguila, la bière colombienne, les pieds dans le sable, de manger des ceviches préparés dans des jolies baraques en bois colorés le long de la plage et acheter de l'artisanat local. J'ai même croisé des portraits de JR, l'artiste de street art français, sur les murs du centre culturel de la ville. Un passage court mais agréable. 


Riohacha, c'était surtout notre point de RDV avec notre guide, Toni, qui allait nous conduire en 4x4 à l'extrémité nord de la Colombie (et même de l'Amérique de Sud). Il n'est en effet pas possible de se rendre à Punta Gallinas ou Cabo de la Vela par ses propres moyens car on y accède uniquement par des pistes qui ne sont pas sur les cartes. Il faut être né là pour s'y retrouver ! Il est toutefois possible de s'y rendre en voitures partagées depuis Rioacha ou Uribia mais à 3 ce n'était pas vraiment plus cher d'avoir notre propre guide et ça nous donnait une plus grande flexibilité. On fait le plein sur le bord de la route (oui les stations-service sont très rudimentaires...) et c'est parti !


Le premier jour, il nous a quand même fallu pas loin de 7 heures pour atteindre notre destination mais le trajet dans ces paysages désertiques était assez irréel. Cette région de la Colombie est principalement peuplée par les indiens Waggu et nous avons traversé de nombreux mini-villages qui semblaient sortir de nulle part. Aux entrées des villages, les enfants tendent des cordes pour arrêter les voitures. Nous avions été prévenues que nous allions devoir nous acquitter de ces "péages" en bonbons et gâteaux et nous avions fait le plein dans la dernière ville traversée, Uribia.


La perspective d'un bain de mer est très alléchante après ce long trajet et nous avons même pu d'abord nous dégourdir les jambes en escaladant les dunes de Taoras avant d'atteindre la plage. Nous sommes seuls au monde au milieu d'un superbe paysage ! J'avais déjà oublié les heures de voiture mais je n'étais pas au bout de mes surprises.


Pas le temps de s'attarder, il faut rejoindre notre point de chute pour la nuit. Notre guide, lui-même un waggu, nous emmène dans l'auberge tenue par sa sœur sur la Punta Gallinas. Nous arrivons au coucher du soleil et le spectacle est bluffant. L'auberge Luz Mila est perchée sur un plateau qui surplombe un bras de mer turquoise qui contraste avec la couleur ocre des roches et du sable. Je ne sais plus où donner de la tête et je prends des photos à tout va ! Cet endroit est vraiment magique. 


Les seuls autres hôtes ce soir-là sont 3 français qui dorment dans des hamacs. Nous avons une chambre, certes très rudimentaire, mais cela ne nous empêchera pas de manger des langoustes au dîner ! On rencontre Juan, le seul non waggu qui habite là. Il est biologiste et s'occupe de la sauvegarde des tortues de mer. Il nous raconte comment il s'efforce de sensibiliser les populations locales à protéger un animal qui, jusque là, finissait dans leurs assiettes…


L'électricité étant fournie par un groupe électrogène, l'extinction totale des feux se fait à 22h. Parfait pour profiter un moment d'un ciel étoilé comme je n'en avais jamais vu… Et puis hop au lit parce que le réveil est prévu pour 5h30, avec le soleil !


Après un petit-déjeuner typique (arepas au fromage et œufs brouillés), Toni nous emmène en balade. Au programme : la plage de la Punta Aguras et le phare de Punta Gallinas marquant le point le plus au nord du l'Amérique du Sud. Ne vous attendez pas à un joli phare façon Nouvelle-Angleterre. C'est beaucoup plus rudimentaire. Il y a vraiment une ambiance de bout du monde dans ce coin !


Une dernière photo-souvenir et il est déjà l'heure de quitter notre ranch. Je me serais bien vue me poser là 2-3 jours à trainer dans un hamac ou jouer au foot avec les enfants de la maison ! Mais Toni file déjà en 4x4 avec nos bagages et nous on part en bateau. La région est un refuge naturel pour les flamants roses et on a très envie de leur rendre une petite visite. Ce fut un spectacle à couper le souffle. On aurait pu rester là des heures à observer ces drôles d'oiseaux se déplacer avec la grâce d'une ballerine sur la plage. 


Il y a beaucoup de vent et la mer est agitée. Sa couleur bleue habituelle est remplacée par une couleur sable. C'est étonnant, on ne distingue plus l'eau de la plage ! A ce moment là, je suis bien contente d'avoir choisi l'option voiture plutôt que bateau pour rejoindre Cabo de la Vela... Toni et son 4x4 nous attendent, comme par miracle, sur la playa de la Boquita où l'on nous débarque.


C'est reparti pour quelques heures de piste. On s'arrête à nouveau chez Marlene, le même restaurant de bord de route que la veille. En même temps, je crois que c'est le seul de la région et, en plus, il est très bon ! Au menu, poisson frit et poulet aux légumes accompagnés de lentilles, riz et bananes plantain.


Nous arrivons à Cabo de la Vela pour assister au coucher du soleil depuis le phare. Ce petit village balnéaire a fait du kite surf sa spécialité mais il n'attire pas encore des hordes de touristes ! C'est très calme, il n'y a pas un chat sur la plage et à la nuit tombée on n'y voit plus rien. Une fois de plus, on ne traine pas pour aller se coucher !


Au petit matin, c'est un véritable plaisir de traverser la "rue" pour se retrouver sur une plage déserte et se baigner dans une eau turquoise ! La matinée entière est dédiée au farniente et au shopping puisque quelques femmes Waggu se sont installées devant l'hôtel pour tisser et vendre leurs beaux sacs colorés.


Toni nous ramène ensuite à Riohacha où nous sautons dans un bus pour rejoindre Santa Marta, plus au sud dans la province de Magdalena. A suivre...


Cet aperçu de la région de la Guajira fut le gros coup de cœur du séjour. Cette région s'ouvre à peine au tourisme mais il y a fort à parier qu'il va s'y développer assez rapidement. Nous nous sommes senties privilégiées d'avoir vécu cette expérience très forte.

Informations pratiques

Pour l'hébergement, nous avons payé nos hôtels entre 15 et 20 dollars par nuit et par personne pour une chambre pour 3. La nuit en hamac revient encore moins cher, autour de 10 dollars 


Pour le circuit dans La Guajira, nous avons fait appel à l'agence KaiEcoTravel qui nous a fourni un guide et un 4x4. Les 3 jours nous ont coûté l'équivalent de 150 dollars par personne. Le prix inclut le transport, l'hébergement du guide et ses repas. Cette agence est reconnue pour son sérieux et nous n'avons pas été déçues. Toni a été aux petits soins avec nous mais aussi très patient pendant les nombreuses pauses photos !