jeudi 11 février 2016

Brownstone JAZZ à Bed Stuy, Brooklyn


Les semaines à New York ne sont pas toujours de tout repos… Et quelques fois, quand le vendredi soir arrive, l'idée d'aller assister à un concert de jazz loin dans Brooklyn ne parait plus une si bonne idée. Surtout l'hiver, quand il fait froid et que les trottoirs glissent encore de la neige tombée du matin. Mais il en faut plus m'arrêter et je profite de mon heure de métro pour rejoindre Bedford-Stuyvesant, Bed-Stuy pour les intimes, pour rattraper mes emails en retard. Bed-Stuy est un quartier de New York à forte population afro-américaine qui est en pleine mutation. Les magnifiques rues alignées de brownstones, ces belles maisons de 2-3 étages en pierre, attirent une nouvelle population, plus jeune, plus riche et surtout plus blanche. Et la gentrification du quartier ne se passe pas toujours sans heurts… Bed Stuy reste d'ailleurs un quartier assez dangereux où les coups de feu ne sont pas rares. Mais pas d'inquiétude, je ne vous emmène pas trop loin, à quelques pas du métro dans une zone plutôt sûre. 


Sankofa Aban est un bed and breakfast installé dans un de ces fameux brownstones datant de 1880. Sa particularité, c'est l'organisation de concert de jazz, Brownstone JAZZ, tous les vendredi et samedi soir. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est intimiste. Nous sommes accueillis avec un verre de vin dans la salle à manger du rez de chaussée de la maison avant de prendre place dans le salon qui compte une vingtaine de chaises. Les musiciens du soir se présentent et c'est parti pour plus de 2 heures de jazz.


Ce soir-là, c'est hommage à Ella Fitzgerald et nous faisons rapidement connaissance avec l'incroyable Boncella Lewis. Ce petit bout de femme de presque 70 ans a une sacrée énergie et une voix fantastique. Elle profite des moments entre les morceaux pour nous raconter l'incroyable vie d'Ella et n'hésite pas à interagir avec le public. Elle est très drôle ! A la pause, nous partageons même un repas, poisson frit, coleslaw, corn bread, avec les musiciens. Cette proximité me donne toujours l'impression de vivre des moments vraiment privilégiés comme New York en a le secret.


Si je dois apporter un bémol à cette soirée, c'est son prix. 40 dollars pour l'entrée et le repas, c'est peut-être un peu cher. Le repas était bon mais pas non plus copieux. Mais je retiens surtout une belle expérience plus intime et pittoresque que les soirées jazz dans les clubs connus de Manhattan.

107 Macon Street, 
Bed-Stuy, Booklyn
Metro A, C arrêt Nostrand Ave

Si vous voulez assister à une performance de Boncella Lewis, elle chante également tous les dimanche pendant le brunch de Red Rooster à Harlem !

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lundi 1 février 2016

The Gutter, un bowling rétro à Williamsburg


Alors que le blizzard Jonas paralysait New York et que Williamsburg se trouvait déserté par les habituels fêtards du samedi soir, une enseigne brillait toujours… Quand on pénètre dans The Gutter, on tombe d'abord sur un "dive bar" comme je les aime. Il faut d'ailleurs que je vous fasse un article sur mes dive bars favoris à New York. J'affectionne particulièrement ces bars qu'on pourrait comparer à nos bistros de quartier français. Un dive bar, c'est un bar souvent sombre dont la déco se limite aux vieilles enseignes lumineuses de différentes marques de bières bon marché. Il y a souvent un billard et un vieux juke box dans un coin et on y trouve une population variée d'étudiants, de hipsters ou de vieux habitués du quartier. Ici, pas de cocktails fancy, on boit de la bière IPA ou des gin tonics ! 



Mais The Gutter, c'est un peu plus qu'un dive bar classique, c'est aussi un bowling ! Et j'adore son air rétro avec ses consoles à l'ancienne pour compter le score. Voilà une bonne façon de réchauffer les longues soirées hivernales new-yorkaises. Attention, quand ça n'est pas soir de blizzard, c'est habituellement très populaire et il faut attendre un moment pour obtenir une piste. Privilégiez la semaine ou venez tard, c'est ouvert jusque 4 heures du matin tous les jours ! Prêt à enchainer les strikes ?!




The Gutter
200 N 14th Street,
Williamsburg, Brooklyn
CASH ONLY

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jeudi 28 janvier 2016

Pause hivernale : le Balboa Park de San Diego


Si vous avez suivi l’épisode précédent, vous savez que Jonas a un peu perturbé mes plans du week-end dernier. Au lieu de m’envoler samedi pour San Diego pour une conférence scientifique, j’ai été obligée de repousser le départ à lundi matin. Du coup, avec à peine 48 heures sur place, plus vraiment question de faire du tourisme même si la vue de ma chambre d’hôtel sur la marina me donne quand même un peu l’impression d’être en vacances. Mais à la faveur du décalage horaire, j’ai ouvert les yeux de très bonne heure le premier matin. Je laisse donc la piscine de l'hôtel aux mouettes (il fait un peu frisquet le matin…) et je saute dans un taxi pour une balade matinale dans Balboa Park.



Je ne sais pas trop à quoi m’attendre en traversant le Cabrillo Bridge qui enjambe l’autoroute mènant à downtown. Balboa Park, c’est bien plus qu’un parc en fait. Il y a de très jolis jardins mais surtout des bâtiments de style colonial magnifiques qui hébergent des musées et salles de spectacle en tout genre (musée de l’homme, de l’air, de la photo…). Le zoo de San Diego, l’un des plus grands au monde se trouve aussi dans ce parc. Mais vu l’heure matinale, rien n’est ouvert, le parc est vide et je déambule sans but. J’adore… Ca fait vraiment du bien de tomber le manteau et de se réchauffer un peu sous les palmiers californiens.


Il y a 2 ans, une autre conférence m'avait déjà amenée au nord de San Diego, à la Jolla. Vous pouvez retrouver l'article ici :


Mais il est déjà l’heure de faire le trajet en sens inverse et j’avoue que pour une fois je n’ai pas vraiment hâte de retrouver New York. Si j’adore la ville sous la neige, j’aime beaucoup moins les jours de fonte qui suivent. Il va falloir slalomer et sauter par dessus des flaques pendant encore quelques jours…



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dimanche 24 janvier 2016

Un week-end avec le blizzard Jonas : Snowzilla and the city


L'année dernière, on nous avait annoncé Juno comme la grande tempête du siècle. Résultat : un beau manteau blanc de 20-30 cm mais rien de bien impressionnant. Du coup, cette année je n'attendais pas grand chose du blizzard Jonas. D'ailleurs entre lui et moi ça commençait plutôt mal parce qu'il m'empêchait de décoller pour le soleil et les palmiers de San Diego. Mais ma déception fut de courte durée… Un coup d'oeil par la fenêtre au réveil et je savais que j'allais passer un bon week-end. J'ai sauté dans mes snow-boots et j'ai passé une bonne partie de la journée à me faire fouetter le visage par les rafales de vent glacial de Snowzilla à arpenter les rues sans voitures de Greenpoint et de Williamsburg. La ville enfin silencieuse ! Sauf mon téléphone dont le message d'urgence de la ville de New York faisait retentir la sonnerie toutes les 5 minutes…



Le temps de se réchauffer avec une bonne raclette entre potes, les flocons se sont enfin arrêtés de tomber… C'était l'occasion de sortir faire quelques photos nocturnes (et de sauter dans les tas de neige). Il est quand même tombé pas loin de 70 cm en moins de 24 heures !!! Je voulais voir un vrai blizzard ? Je suis servie ! C'est le plus important depuis 1869… L'ambiance est étrange à Williamsburg, d'habitude si animé le samedi soir. Là, les rues sont désertes et la plupart des restaurants et bars sont fermés. Nous trouverons quand même les portes de The Gutter ouvertes pour finir cette journée en beauté par un bowling. Pour une fois, aucune attente pour obtenir une piste...



Mais le grand ciel bleu new-yorkais n'est jamais absent très longtemps et ce matin, le soleil brillait. L'activité phare de la journée est évidemment le déblayage. Et c'est là que je suis ravie de ne pas être propriétaire ni d'une maison ni d'une voiture. En tout cas, aujourd'hui était le moment ou jamais pour profiter de ce beau manteau blanc. Je sais que malheureusement toute cette belle neige va bientôt se transformer en un "slush" marron dégueu et que traverser les rues de la ville sans finir les pieds trempés va relever de l'exploit pendant quelques jours… Mais avant ça j'ai droit un petit break puisque les palmiers de San Diego m'attendent dès demain ! Stay warm !



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mercredi 20 janvier 2016

Kings Theater et United Palace : les "wonder theaters" de New York


A la fin des années 20, la chaîne américaine de cinéma Loew's construit, à New York et proche de New York, cinq magnifiques salles de cinéma pour en faire sa vitrine et célébrer l'avénement du 7ème art : ce sont les "wonder theaters". Ces cinq batiments massifs sont toujours debout, du Bronx à Queens en passant par Jersey city. Le hasard du calendrier a fait que j'en ai visité deux d'entre eux récemment et le moins que l'on puisse dire est que j'ai été bluffée par la beauté des lieux. Ces deux salles ont le point commun d'être au beau milieu de quartier populaire où l'on ne s'attend pas à les trouver.

  • United Palace (Washington Heights, Manhattan) :
Je me suis retrouvée, un dimanche où je me baladais à l'extrémité nord de Manhattan, devant ce grand théâtre et il a fallu négocier un peu que je puisse glisser mon nez dans le grand hall. L'office de midi était fini et la salle se préparait pour la séance de cinema de l'après-midi. En effet, en 1969, ce théâtre a été racheté et rénové par le révérend Ike qui en a fait son église. Aujourd'hui, il a retrouvé un peu de sa fonction première et est co-géré par l'United Palace House of Inspiration pour les activités religieuses et par United Palace of Cultural Arts pour les projections de films et les spectacles. Un lieu 2 en 1 impressionnant !


United Palace
4140 Broadway (175th St) , Washington Heights
Métro A arrêt 175 St
  • Kings Theater :

Celui-ci fait un peu figure d’OVNI sur Flatbush Avenue, au sud de Prospect Park, au milieu d'un quartier caribéen modeste de Brooklyn. Fermé depuis 1977 et laissé à l’abandon depuis, il lui aura fallu un lifting à 95 millions de dollars pour réouvrir ses portes au public en 2015. Le résultat est époustouflant. La salle immense (3250 places !) dont le décor s'inspire de l'opéra Garnier et de Versailles a retrouvé sa grandeur d’antan. C'était vraiment le cadre parfait pour écouter l'envoutante Joanna Newsom !  Des visites guidées sont organisées régulièrement si vous voulez en connaître tous les secrets.  


1027 Flatbush Avenue, Brooklyn
Métro B, Q ou 2, 5 arrêt Beverley Road

D'autres théatres new-yorkais n'ont malheureusement pas (encore ?) eu la chance de bénéficier de rénovation et sont laissés à l'abandon depuis des décennies. Cela dit, ça en fait des lieux particulièrement photogéniques où je glisserais bien mon objectif… D'autres l'ont fait pour moi par exemple dans le Loew's Canal Theater :  After the Final Curtain

Credit photo : afterthefinalcurtain.net
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mercredi 13 janvier 2016

The Cannibal, un restaurant pour carnivore à Murray Hill

Les quelques mois que j'ai passé à Murray Hill l'année dernière ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable en terme d'endroits sympas pour manger et prendre un verre. Sauf The Cannibal, le seul pour lequel je reviens volontiers dans le coin. Comme son nom l'indique, ce restaurant fait le plus grand plaisir des carnivores. La carte regorge de bonnes choses, de la sélection de charcuteries pour l'apéro à la côte de boeuf géante à partager en passant par tout un tas de saussices maison. Côté boisson, la bière est reine. La carte est impressionnante. Vous ne vous étonnerez donc pas si je vous dit que les 3/4 de la clientèle est masculine... Ce qui n'est pas pour me déplaire non plus !


Ce soir là, nous avons craqué pour le tartare d'agneau avec son oeuf cru et le tartare de boeuf présenté sur des sortes de blinis, recouvert de sauce béarnaise. Je ne résiste pas non plus à l'appel de l'os à moelle quand j'ai la chance d'en trouver sur une carte new-yorkaise. Et celui-là est délicieux ! Et pour accompagner le tout quelques légumes quand même : salade de choux de Bruxelles, spaghetti de courge et topinambours rôtis... Voilà j'ai envie d'y retourner maintenant...


Le seul problème de The Cannibal est sa popularité. Armez-vous de patience ou venez tôt dans la semaine surtout si vous espérez une table dans la jolie cour couverte à l'arrière...

113 East 29th Street, Murray Hill
Métro 6 (33st)
Autre adresse dans le food hall Gotham West Market dans Hell's Kitchen.

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lundi 11 janvier 2016

Exposition "Coney Island : Visions of an American Dreamland" au Brooklyn Museum


 J'ai une relation un peu spéciale avec Coney Island. J'en attendais beaucoup, j'avais en tête des tas d'images et la première fois que je m'y suis rendue, j'ai été décue... Je m'attendais à trouver une ambiance désuète comme sur les photos que j'avais souvent vu. Mais c'était l'été et il y avait foule au Luna Park, le parc d'attraction de Coney Island. Et malheureusement, en dehors de Wonder Wheel, la grande roue et le Cyclone, les montagnes russes, les attractions sont neuves et rutilantes... Bref, je n'y ai pas trouvé l'ambiance à laquelle je m'attendais. Cela dit, j'y ai quand même trouvé une certaine ambiance parce qu'on ne peut pas être complètement insensible à Coney Island où il se passe toujours quelque chose d'un peu fou. Les excentriques new-yorkais en ont fait depuis longtemps leur lieu de prédilection et le spectacle se joue souvent sur la promenade le long de la plage où se retrouvent les vieux habitués.
Depuis, je suis retournée à Coney Island. Mais en hiver cette fois, quand le parc était fermé. Et là je l'ai trouvée mon ambiance vintage recherchée et je me suis réconciliée avec Coney Island…


Tout ça pour vous dire, que si vous aussi vous êtes fascinés par l'histoire de cet endroit un  hors du commun et son histoire, je vous recommande vivement d'aller faire un tour à l'exposition "Coney Island : Visions of An American Dreamland : 1861-2008". Ca se passe au Brooklyn Museum et vous avez jusqu'au 13 Mars. Les organisateurs ont réussi à collecter un nombre impressionnant de photos, vidéos et tableaux pour illustrer toutes les époques qu'a connu Coney Island de son âge d'or du début du XXeme siècle aux périodes plus sombres cinquante ans plus tard. Fascinant !


Bonus : Je vous recommande un film à voir "Le petit fugitif" (Little fugitive). Ce film de 1953 suit les pérégrinations d'un petit garçon de 10 ans qui s'est échappé de chez lui et passe la journée à Coney Island.




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